EDITORIAL

Bougez pour ne pas souffrir du dos !

 

C’est le nouveau slogan officiel de la Sécurité Sociale qui nous a été récemment passé en boucle à la TV et dans les radios pour mobiliser l’attention de la population sur le sujet et tenter de limiter les douleurs de dos…  Mais c’est là mettre « la charrue avant les boeufs » tant cette campagne est faite à l’envers et contre toutes évidences scientifiques.

Le mal de dos coûte cher en soins mais aussi en arrêts de travail (1ère cause). Il a gagné la 3ème position après les pathologies cardio-vasculaires et neurologiques. 20 % des arrêts de travail en maladie et 10 % des accidents de travail, soit près de 4 millions de journées de travail perdues par an ; sans compter les dépenses en médicaments. En France, 65000 personnes par an environ doivent cesser de travailler pour cause de douleurs articulaires. Le coût global calculé est de l’ordre de 5 milliards d’euros par an (2016) qui sont prévus d’atteindre plus de 50 milliards en 2020 ! 58 % des Français se plaignent de douleurs dorsales après 18 ans et 2 millions souffrent de coxarthrose et d’arthrite. Les femmes, de 65 à 85 ans, payent un plus lourd tribu à l’arthrose (68 %) que les hommes (58 %). Après 85 ans, 86 % de la population est concernée.

De fait, le mal de dos et les douleurs articulaires grèvent lourdement le budget des assurances sociales et mutuelles. La raison est simple : les soins médicamenteux généralement prodigués par la médecine n’ont qu’une faible efficacité bien remarquée des patients… Les dizaines de séances de kinésithérapie qui, la majeure partie du temps sont inefficaces ou le gavage des patients avec des médicaments chimiques aux effets simplement palliatifs qui les rendent malades par ailleurs ne résolvent rien sur le fond et la durée. Ils soulagent peut-être au mieux provisoirement mais n’évitent pas les récidives en pire ; sans parler des effets secondaires. Tous ces soins inappropriés sont la cause des dépenses énormes pour la Sécurité Sociale et les mutuelles (au bénéfice des laboratoires pharmaceutiques) afin d’essayer de soigner ce trouble de santé endémique ; pour un résultat très faible.

La principale raison est que la profession de santé la plus efficace au monde, selon les évaluations des centaines d’études indépendantes des mutuelles, assurances santé et spécialistes en économie de la santé en Amérique du nord, n’est pas prise en compte par la Securité Sociale française. Cette profession de santé, la troisième du monde, est la chiropratique. Or dans le monde entier, on sait bien que les chiropraticiens sont les plus efficaces pour soigner les troubles neuro-articulaires et musculo-squelettiques.

Beaucoup de personnes avec le mal de dos expliquent qu’elle souffrent le martyr pour se déplacer quand elles le peuvent encore ; et certaines ne le peuvent même pas. Il est évident que lorsque l’on souffre des articulations, le fait de se déplacer est un problème aggravant. Alors recommander aux personnes de simplement bouger pour aller mieux est un raccourci complètement idiot. C’est comme si on disait aux personnes souffrant des dents de simplement mieux mâcher pour ne plus souffrir…

La logique démontre que quand on souffre du dos, il vaut mieux consulter D’ABORD un docteur en chiropratique, et cette logique est une évidence établie dans de nombreux pays socialement avancés. Le chiropraticien établira un diagnostic différentiel. Si aucune contre-indication n’est présente, il rétablira alors progressivement un fonctionnement plus libre et équilibré de l’appareil locomoteur tout en donnant des conseils alimentaires et d’hygiène de vie pour assouplir les articulations et éviter les douleurs. Ensuite seulement la marche, premier sport de l’être humain, améliorera la santé articulaire et vertébrale et permettra alors de préserver la capacité à se déplacer sans douleurs et librement, avec plaisir.

Ainsi en soutenant les chiropraticiens considérés officiellement dans le monde entier comme LES experts de l’appareil locomoteur, la Sécurité Sociale ferait réellement des économies en permettant à ces professionnels de soigner sérieusement l’appareil locomoteur, comme ailleurs communément dans le monde, à l’instar des dentistes qui soignent l’appareil bucco-dentaire. Pour l’instant, seules près de 450 mutuelles (organismes privés) en France offrent des remboursements (selon les contrats) sur les honoraires de chiropraticiens.

Les chiropraticiens sont bien connus dans les pays anglo-saxons, scandinaves et germaniques où le contrôle vertébral est aussi banalisé que le contrôle dentaire. A chacun sa spécialité pour prévenir les troubles de santé dans l’intérêt de la santé du public. La France est en retard ; une des « exceptions françaises » !… Mais vise-t-on vraiment l’intérêt des malades dans ce genre de campagne sanitaire à l’envers avec de tels conseils simplistes comme « Bougez pour ne pas souffrir du dos » ?

Enfoncer les malades en leur conseillant de remuer le couteau dans la plaie n’a jamais aidé la guérison.

Pascal Labouret, D.C.  28/06/2018