EDITORIAL

L’homéopathie décriée

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Une N-ième fois de plus dans son histoire, l’homéopathie est cyniquement décriée, persécutée ; ce n’est pas nouveau mais elle est toujours là. On dérembourse les petites granules blanches sucrées… pour autant, ce ne sont pas des médicaments mais des remèdes homéopathiques. De fait, ces granules n’entrent pas dans le cadre des médicaments chimiques pris en charge par la Sécurité Sociale.

Il est bien connu que les médicaments chimiques tentent de modifier les effets des maladies ou d’en masquer les symptômes, ce qui fait croire que celle-ci est éradiquée et rassure le malade. Ce dernier s’inquiétera toutefois des effets secondaires des médicaments, mais c’est une autre histoire… Le remède homéopathique, par contre, prend à contre-pied la maladie en s’attaquant à son origine profonde, à sa racine pour la neutraliser. C’est parfois plus long à cause de l’ancienneté des troubles ancrés, mais plus radical. Les défenseurs de l’homéopathie mettent en avant le faible coût des remèdes et de leur remboursement. Le PDG de Boiron monte au créneau et demande un rendez-vous au président de la république. Il faut dire que l’action Boiron à perdu 3,6 % à cause de cette histoire. Quel lien entre le prix et l’efficacité ?  Aucun. Certains médicaments ont un prix exorbitant pour des résultats plus que discutables, notamment contre les cancers, le syndrome d’immunodéficience humaine comme le fameux Zolgensma de Novartis à 2,125 millions de dollars la dose ! D’ailleurs, le PDG de Novartis se réjouit de ce progrès historique ; et pour cause !… Bref, les fabricants de l’homéopathie qui détiennent le monopole pharmaceutique de ces remèdes (après avoir phagocyté des petits labos et hélas supprimé quelques remèdes spécifiques) menacent de licenciements en masse.

Alors, efficace ou pas efficace l’homéopathie ?

L’homéopathie possède une efficacité. L’étude scientifique EPI 3, a été réalisée entre 2005 et 2012 sur 8559 patients avec l’aide de 825 médecins. L’objectif était d’évaluer la place de l’homéopathie dans la pratique de généralistes. L’amélioration clinique des patients est comparable à celle des patients soignés par médicaments chimiques, mais en utilisant toutefois 3 fois moins d’anti-inflammatoires. L’amélioration des symptômes des patients est globalement similaire à celle des patients suivi par des médecins à pratique conventionnelle, mais en utilisant toutefois 2 fois moins d’antibiotiques, antipyrétiques et anti-inflammatoires. L’amélioration des niveaux d’anxiété et de dépression chez les patients suivis par homéopathie est toutefois supérieur à celle des patients suivis en médecine conventionnelle qui, eux, ont utilisé 3 fois plus de psychotropes.  L’étude a permis de conclure qu’à efficacité quasi égale, l’homéopathie a permis une consommation moindre de médicaments, et cela sans perte de chance donc de complications des cas. Par ailleurs, une autre étude a montré qu’un patients pris en charge par homéopathie coûte 35 % moins cher à la Sécurité Sociale (coût de prestation et de prescription inclus). Ceux qui scandent que l’homéopathie est inefficace et sans intérêt en sont pour leurs frais.

En fait l’homéopathie est avant tout une thérapie de terrain avec de faibles quantités de principe actif qui est en fait une information. La physique quantique continue de prouver ses mécanismes d’action : les Pr. Benveniste et Montagnier (voir ses conférences sur Youtube) en ont montré des preuves scientifiques éclatantes grâce à des technologies d’investigation modernes. Mais cela dérange, bien sûr… Si toutes les médecines sont utiles, chacune a un objectif spécifique. L’objectif de l’homéopathie est de réinformer l’organisme, de modifier les informations sur le « disque dur » des cellules du patient face à sa maladie ; donc de modifier son impact. Elle apprend ainsi à l’organisme à lutter, à s’adapter.

Par contre, utiliser l’homéopathie comme une médecine allopathique (en simple remplacement de médicaments chimiques), donc symptomatique, démontre une incompréhension évidente de la finalité thérapeutique de cette médecine ancestrale subtile complexe, fille de l’alchimie.

Les 124 signataires de l’appel contre l’homéopathie (thérapie qui n’a fait aucun mort jusqu’à présent, à comparer avec les 10.000 décès par an dus aux maladies iatrogènes – chiffre INSERM) traitent leurs confrères de « charlatans en tout genre qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l’efficacité illusoire ».  Signalons au passage qu’en matière de caution morale, et selon les derniers faits divers, certains médecins sont exemplaires… Mais cette attaque masque en fait le manque de confiance dans leur propre pratique de médecine conventionnelle. Se former à l’homéopathie est l’histoire d’une vie, d’un sacerdoce. C’est un dur labeur de chercheur et de calcul pour chaque patient qui amène le praticien à travailler patiemment sa matière médicale et se remettre en cause tout au long de sa pratique, ce qui est un gage d’humilité. Elle est un art difficile hors de portée de praticiens paresseux. L’homéopathie est-elle en danger ? Non, des millions de personnes dans le monde entier sont satisfaits de son efficacité.

Les détracteurs prétendent cyniquement qu’elle fonctionne par effet placébo : le patient imagine son effet et guérit. Mais l’effet placébo n’est-il pas la preuve que l’organisme sait se guérir lui-même ? Cependant, l’homéopathie fonctionne très bien chez les bébés, les enfants et même les animaux. On peut douter que les enfants et les animaux connaissent l’effet placébo !

Alors les détracteurs parlent de croyance mais les animaux n’ont pas de croyance !… Il ne s’agit pas non plus de religion, pas plus que l’acupuncture ou la chiropratique mais des pratiques techniques aux racines séculaires et évolutives qui ont permis à l’humanité de survivre jusque là. Réduire ces méthode de soin à une croyance est complètement ridicule. Mais c’est l’arme de la médecine allopathique pour essayer de dissuader les patients d’avoir recours à cette médecine, ou à d’autres médecines alternatives. Pitoyable. Sauf qu’en fin 2019, un sondage de l’institut Harris a exposé les résultats d’une enquête auprès de 1500 adultes portant sur leurs attentes et leur perception des médecines alternatives. Il s’avère ainsi que 86 % d’entre eux affirment avoir une bonne image de ces médecines dites « naturelles » et que leur taux de satisfaction après ces soins est élevé. Plus le niveau socio-économique des personnes interrogées est élevé plus l’opinion favorable l’est également. Et tous d’attendre un remboursement de ces médecines par la sécurité sociale, après un encadrement légal de leur pratique ; encadrement déjà effectif pour la chiropratique et l’ostéopathie seulement.

Ces résultats corroborent ceux d’une même enquêtes effectuée sous le premier gouvernement Mitterrand dans les années 80 qui avait mis en évidence que 85 % des Français appréciaient les médecine alternatives. Alors ce n’est pas 124 petits trublions, ignares ou pétris de mauvaise foi, qui vont gêner l’homéopathie ou gêner d’autres thérapies alternatives largement plébiscitées.

Pascal Labouret – 04/03/2020

Source :  article de Patrick Hoor et Luc Maisonneuve.